Savoir lire l’étiquette d’un aliment pour votre chien ou votre chat

by | 29, Mar 2021 | Alimentation | 0 comments

Face à l’offre multiple de croquettes disponible en magasins ou en ligne, choisir les meilleures croquettes pour son chien ou son chat peut très vite s’avérer un véritable casse-tête.

faire un premier tri par le prix

Le prix des croquettes est le premier indicateur à prendre en compte pour bien choisir ses croquettes. Un prix inférieur à 2€ par kilo signe à coup sûr une mauvaise qualité des matières premières employées dans la fabrication des croquettes : farines animales, céréales en trop grande quantité… Ces matières premières de piètre qualité apportent des protéines peu digestibles et des quantités d’amidon.

Une erreur alimentaire quantitative est rapidement visible par une augmentation ou une diminution du poids. En revanche, une erreur alimentaire qualitative avec une carence en certains des 40 nutriments essentiels a des conséquences au long cours et risque de diminuer l’espérance de vie de votre compagnon.

Pour faire le bon choix d’aliment pour votre animal, il faudra donc dans un deuxième temps vous intéresser à l’étiquetage du produit où sont reportées de précieuses informations.

Sur les paquets de croquettes, il y a donc deux éléments à regarder de près : la liste des ingrédients et la composition analytique.

Ne vous fiez pas à la présentation du paquet mais plutôt à la liste des ingrédients :

Bien lire la liste des ingrédients

Dans la liste des ingrédients qui figurent sur l’étiquette d’un paquet de croquettes, les ingrédients mis en œuvre avant cuisson dans le produit sont listés par ordre d’importance. Les premiers ingrédients cités sont donc généralement présents en plus grande quantité. C’est notamment le cas des céréales dans les croquettes premiers prix à fuir !

Attention !

La règle du premier ingrédient présent en plus grande quantité n’est pas toujours vraie. Certains intitulés peuvent être « éclatés » en différentes sous-rubriques. C’est le cas par exemple de l’intitulé « céréales » qui peut être « éclaté » en sous-rubriques telles que « maïs », « blé », « riz »… afin qu’elles n’apparaissent pas en tête de liste. Il faut donc être vigilant et ne pas se limiter à la lecture des ingrédients qui apparaissent en premier dans la liste mais bien lire l’ensemble.

Si de la viande fraîche apparaît dans les premiers ingrédients, sachez que cette matière première est riche en eau et qu’il est possible,qu’après cuisson, elle ne soit plus présente en très grande quantité dans le produit fini. Pour avoir une idée de sa quantité finale présente dans le produit fini, il faut diviser la quantité indiquée avant cuisson par 4.

Repérez dans la liste des ingrédients les sources de protéines animales apportées par les viandes, les poissons, les abats … : elles sont plus intéressantes nutritionnellement que les protéines végétales apportées par des céréales (qui apportent en plus des glucides dans la ration) ou des farines de soja.

 

En règle générale, plus la dénomination des ingrédients est détaillée et plus vous aurez de chances d’avoir affaire à une croquette « haut-de-gamme », fabriquée avec des matières premières de qualité. Les fabricants qui ont recours à des dénominations vagues et catégorielles (comme « viandes » ou « sous-produits » par exemple) peuvent légalement substituer une matière première à une autre en fonction du cours des matières premières afin de réduire les prix de fabrication. En revanche, les fabricants qui choisissent d’être plus précis dans leur étiquetage en mentionnant l’espèce des viandes mises en œuvre dans leurs produits (exemple : « poulet », « bœuf »…) s’engagent à bien utiliser ce type de matière première. Orientez-vous donc vers les croquettes pour lesquelles les listes des ingrédients sont les plus détaillées et précises possibles.

 

> Pour une même analyse moyenne, les matières premières peuvent être totalement différentes d’un sachet à l’autre et donc de qualité différente

Pour avoir une idée de la composition exacte de l’aliment, il faut s’intéresser à toutes ces informations.

Ex : Un taux de protéines seul ne veut rien dire si l’on ne sait pas quelle est la protéine incorporée.

De quoi mon chien ou mon chat a besoin pour être en bonne santé ?

Les protéines

Une protéine est une chaîne d’acides aminés, à la façon d’un collier de perle. Il existe une vingtaine d’acides aminés différents dont 10 sont indispensables et doivent être présents dans l’alimentation tous les jours (Arginine, Lysine, Cystéine, Méthionine, Histidine, Leucine, Isoleucine, Valine, Phénylalanine, Tyrosine, Tryptophane).

> C’est la quantité de ces acides aminés qui apporte la qualité de la protéine et sa valeur biologique.

Après l’eau, les protéines sont le constituant majeur du corps (20% de l’organisme). Elles ont un rôle à la fois structurel (os, muscle, peau, tendons, ligaments, collagène…) et fonctionnel (enzymes, hormones, anticorps…) et permettent d’assurer de nombreuses fonctions vitales.

Besoins (activité normale, animal non stérilisé)

  • Chien adulte : 2 à 6 g de protéines/kg de poids/jour
  • Chat adulte : 4 g protéines/kg de poids/jour

 > Attention : protéines ne veut pas dire viande !

  • La viande ne contient pas que des protéines (seulement 15 à 20 %).

  • Les protéines ne sont pas forcément de la viande (la gélatine contient 98% de protéines mais elle n’apporte pas du tout les acides aminés indispensables ; elle est pourtant largement incorporée aux terrines et gonfle artificiellement le taux de protéines de l’aliment).

Pour fabriquer et renouveler les protéines de l’organisme, le chien et le chat doivent avoir un apport suffisant en acides aminés indispensables : les protéines de muscle (viande, steak, cœur, filet de poisson) ont une composition en acides aminés proche de leur besoin, ce sont des protéines complètes, de haute valeur biologique.

La valeur biologique des protéines végétales (soja, pois, lentilles) est la moitié de la valeur biologique des protéines animales, ce sont des protéines incomplètes : même si on augmente leur quantité, il manquera toujours certains acides aminés indispensables.

> Par rapport au chien, le chat a besoin en plus d’un acide aminé particulier : la taurine (contenue en grande quantité dans la viande, le poisson  ou les crustacés) mais elle est détruite par la cuisson : ne chauffez pas trop les rations ménagères et les aliments industriels doivent être complémentés (du fait des procédés de fabrication).

  • Un aliment pour chien n’est pas complémenté, il est insuffisant pour un chat.
  • Besoins pour le chat : 20mg/jour.

A retenir : les protéines doivent être présentes en quantité mais surtout en qualité.

Les glucides

Dans les glucides, il y a :

  • Des sucres simples (lactose, sucre du lait, saccharose, sucre de table) : ils sont digérés et transformés en glucose, source d’énergie directement utilisable par l’organisme.
  • De l’amidon (céréales, pommes de terre) : ils sont également digérés s’ils sont suffisamment cuits et utilisables comme source d’énergie.
  • De la cellulose (paroi des végétaux) : c’est la fibre insoluble (non digestible) qui se retrouve telle quelle dans les selles et qui améliore le transit.

Les glucides digestibles ne sont pas nécessaires mais constituent une source d’énergie rapide. Les glucides non digestibles ne sont pas indispensables mais ils améliorent le confort digestif .

Recommandations (activité normale, animal non stérilisé)

  • Cellulose brute : de 1 à 15% de cellulose brute par rapport à la matière sèche. (Plus il y aura de cellulose, plus il y aura de selles!)
  • 10 à 25 g de légumes/kg corporel
  • Chien : 10 à 25 g de riz ou pâtes cuites/kg corporel
  • Chat : 5 à 10 g de riz ou pâtes cuites/kg corporel

Les matières grasses

Les lipides ou matières grasses sont indispensables à plusieurs titres dans l’alimentation des chiens et des chats.

  • Apport d’énergie : besoin du chien adulte : 10% lipides/kg de matière sèche.
  • Apport d’odeur (d’appétence) et de vitamines A, D, E et K.
  • Apport d’acides gras essentiels : rapport oméga6/oméga3 =5 à 10 (les plus intéressantes sont l’huile de colza et l’huile de soja). Leur carence entraîne : poil terne, peau en mauvais état, troubles de la cicatrisation et /ou de la coagulation, troubles de la reproduction et portées peu viables.

Besoins (activité normale, animal non stérilisé)

  • 5 ml d’huile de colza / 5 à 10 kg de poids corporel.
  • 1 gélule de 500mg d’huile de poisson enrichie en oméga 3 / 5 kg de poids corporel.

L’eau

L’eau est le premier aliment du corps (60% d’eau dans le corps).
Un chat ou un chien doit consommer environ 50 à 75 ml d’eau/kg de poids corporel par jour.

S’ils mangent un aliment sec, ils doivent boire cette quantité, s’ils mangent un aliment humide (alimentation maison par exemple), ils boivent moins car leurs aliments contiennent déjà une grande proportion d’eau.

Le chiot et le chaton boivent 2 à 3 fois plus que  l’adulte, et ce jusqu’au 2/3 de leur croissance.

Les femelles gestantes et allaitantes boivent également davantage, 2 voire 3 fois plus que d’habitude.

L’ajout de sel dans l’alimentation, en faible quantité, permet d’augmenter la prise de boisson.

Les minéraux

Les minéraux se retrouvent dans la ligne des « cendres brutes » de l’analyse moyenne (de 5 à 7%).

Le calcium est un nutriment essentiel qui doit être présent à hauteur de 100 à 200 mg par kg de poids corporel par jour dans l’aliment du chat et du chien. Il est présent essentiellement dans les produits laitiers et les os.

Le phosphore est également un nutriment essentiel, présent de façon naturelle dans la viande et les céréales. L’équilibre d’apport du phosphore est annoncé par un rapport calcium/phosphore de 1 à 2.

Le magnésium est un nutriment important, il aide la formation des os et protège contre les infections.

> Une ration ménagère apporte toujours suffisamment de phosphore mais jamais assez de calcium : il faut quotidiennement complémenter.

La qualité des minéraux et des vitamines contenues dans les matières premières est meilleure que les minéraux et les vitamines de synthèse.

Les autres composants

Les vitamines sont essentielles au fonctionnement de l’organisme : vitamine A, D, K, E, B12. Elles se dégradent avec le temps et selon les conditions de conservation.

Les oligoéléments sont des substances présentes en très faible quantité mais dont le rôle est essentiel à la bonne santé de l’animal. L’aliment doit contenir du fer, du zinc, de l’iode, du sélénium, du cuivre, du chrome, du cobalt et du fluor.

Ces éléments constituent également la qualité de l’aliment et en justifient le prix.

Quel aliment choisir ?

Les croquettes idéales contiennent donc :

  • Des protéines de muscle en forte quantité (environ 26-30%). Le premier ingrédient de la composition est une viande de bœuf, de poulet, de canard ou un poisson.
  • Une complémentation en taurine pour le chat.
  • De l’humidité (8%).
  • Peu de fibres (2-3%), peu de sucre.
  • Des lipides avec des acides gras essentiels (16-18%).
  • Un rapport calcium/phosphore de 1 à 2 (calcium 1,3%, phosphore 2%).
  • Des vitamines.
  • Des oligoéléments.

Un aliment « au goût de… » contient moins de 4% de cet ingrédient !

Un aliment « au…. » contient de 4 à 14% de cet ingrédient !

Un aliment « riche en … » contient de 14 à 26% de cet ingrédient !

Alors maintenant, prenez vos sacs de croquettes et lisez les petites lignes pour pouvoir comparer !

Les informations données ici concernent les aliments pour animaux en bonne santé. Il existe des aliments diététiques, qui s’inscrivent dans le traitement de certaines maladies comme l’insuffisance rénale chronique, les allergies alimentaires, …

Tester sur votre animal…

Et oui, il faut aussi toujours garder à l’esprit que des croquettes « bonnes sur le papier » ne vous garantissent pas qu’elles seront suffisantes pour couvrir les besoins spécifiques de votre animal. En effet, chaque chien est différent et il est possible qu’il ait des besoins supérieurs aux recommandations standard qui sont énoncées ci-dessus.

Il est donc indispensable de valider votre choix en « testant » les croquettes sélectionnées sur votre animal afin de voir si elles lui conviennent. Pour ce faire, observez :

  • l’aspect général de votre chien : son pelage doit être fourni et brillant, sa peau doit être saine et sans pellicules et sa musculature doit être bien développée. Cet aspect ne sera malheureusement observable qu’après quelques mois d’alimentation avec les croquettes en question…
  • ses excréments. Un chien qui digère bien son aliment doit faire des petites crottes bien moulées. Dans le cas inverse, si votre chien fait des selles volumineuses, fréquentes et/ou particulièrement malodorantes, il y a de fortes chances que ses croquettes ne lui conviennent pas.

A titre personnel, j’ai choisi pour mon chien Scotty des croquettes sans céréales, dont je suis très contente, c’est la marque Ultra prémium

Sources :   toutou pour le chien, clinique vétérinaire à Draveil

photos : Pixabay